Capital naturel

Le capital naturel fait référence aux ressources naturelles (géologiques et biologiques), vus comme moyens de production de biens et services écosystémiques (production d’oxygène, épuration naturelle de l’eau, capacités tampons des océans, prévention de l’érosion et des crues, pollinisation des cultures, propriétés des sols, alimentation, services culturels,…). Son évaluation est une étape indispensable à la reconnection à la Terre et à la définition des objectifs de résilience à venir.

Un projet pilote sur le bassin versant du Rhône

Comment mesurer la dégradation de la nature, son état de « santé », afin de déterminer l’amortissement de son utilisation, non-enregistré dans les bilans des nations? Le travail de thèse de Jazmín Adriana Argüello Velazquez sur la comptabilité écosystémique du bassin versant du Rhône est une première expérimentale sur une nouvelle méthodologie intégrable aux outils encore incomplets des comptabilités nationales de type PIB. Consommer du capital écologique, nos ressources renouvelables, sans l’amortir revient à créer des dettes écologiques. L’objectif de la comptabilité écosystémique est de produire un outil d’aide à la décision permettant d’éviter la dégradation nette des écosystèmes par des politiques publiques informées par la science. L’outil produit des bilans écologiques basés sur des informations géographiques et mesurés en termes physiques, permettant d’effectuer des modélisations et simulations afin d’estimer l’internalisation des externalités.


Couverture territoriale sur le bassin versant du Rhône (CORINE) – Crédit: Thèse Jazmin Argüello

Nous avons élaboré divers indicateurs synthétiques relatifs aux fonctions des écosystèmes et de leur intégrité, pour calculer le potentiel écologique du bassin versant du Rhône et mesurer la dégradation, la stabilité ou l’amélioration de l’écosystème. Le diagnostic comptable est assortie d’une description spatialisée des changements observés afin de mieux saisir leur pertinence. L’outil est susceptible d’aider les différentes entités territoriales à se positionner sur la gestion de leurs ressources renouvelables stratégiques (eau, sols, biomasse, infrastructures et services écologiques) dans le contexte d’un ordre mondial en transformation: il s’agit des enjeux géopolitiques majeurs en matière de sécurité et souveraineté alimentaire et énergétique, dans leur lien avec la santé publique.

Les trois piliers des écosystèmes, et leur interdépendance – https://doi.org/10.1016/j.tplants.2019.12.008

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Pour aller plus loin

Glossaire

Flowering plants in the Anthropocene: a political agenda

Capital naturel – pourquoi et comment penser post-COP21